Renforcement du dialogue pour la paix durable (RDPD)

Renforcement du dialogue pour la paix durable (RDPD)


Durée du projet : Septembre 2017 – Novembre 2018

Public cible : Agriculteurs/Éleveurs ; Jeunes et leurs parents ; Femmes ; Autorités locales — Au total 6154 personnes sensibilisées


Le Projet « Renforcement du Dialogue pour la Paix Durable (RDPD) » dans la Province du Mayo-Kebbi-Est est une initiative de l’Association Akwada appuyée financièrement par GIZ. Il émane du grand Projet de Renforcement de la Résilience et de la Cohabitation Pacifique au Tchad (PRCPT) cofinancé par l’Union Européenne (UE) et le Ministère Fédéral Allemand de la Coopération Economique et du Développement (BMZ).

Sa réalisation, qui initialement prévue pour une durée de huit (08) mois à compter du 1er Septembre 2017 au 30 Avril 2018, a connu deux prolongations dont la première de quatre (04) mois (du 1er Mai au 31 Août 2018) et la deuxième de trois mois (du 1er Septembre au 30 Novembre 2018).


LE RÔLE D’AKWADA

Durant chacune des activités, AKWADA a contribué au projet de la manière suivante :

-Elle s’est mise au service de la communauté, en laissant aux autorités locales le choix le plus pertinent des participants  aux activités

-Elle réunit des publics en conflits pour les amener à un dialogue constructif

-Elle a favorisé le dialogue entre les participants, en les faisant travailler en groupe, puis en plénière

-Elle invite le public cible à mener une réflexion sur les problématiques de cohabitation pacifique

-Le public cible élabore alors ses propres recommandations pour vivre en paix

-Elle sensibilise les participants à prendre leurs responsabilités pour mettre en place une paix durable

-Elle facilite les moments d’échange par un soutien matériel

-Elle forme des personnes à devenir des relais du message de paix, multipliant ainsi l’impact du projet

-Elle met en réseau le public cible avec les services étatiques pour faciliter leur action, et ce à différentes échelles (canton / sous-préfecture / département)

-Elle favorise la légitimité des ambassadeurs de paix auprès de la population

-Elle a réalisé une sensibilisation de masse, notamment à travers la couverture médiatique des ateliers, les interviews et les débats


LES PARTENAIRES

La préparation, l’organisation et la réalisation de ces activités du projet ont été assurées par les deux agents de l’Association Akwada (le Superviseur et l’Animatrice), l’animateur-stagiaire, la Coordination d’Akwada, et des intervenants externes( représentant de l’antenne GIZ Pala, Délégué de l’APLFT, Déléguée Provinciale du Développement Rural de Mayo Kebbi Est, Formateur au centre de formation continue des enseignants à Bongor et l’administrateur civil chargé des formations au Ministère de l’Aménagement du Territoire, de la Sécurité Publique et de la Gouvernance Locale).

Les travaux ont été grandement facilités avec le concours des Préfets, des sous-préfets, des maires, des chefs de cantons, des chefs de villages, des responsables de centres culturels, des responsables d’établissements scolaires, des personnes ressources et des forces de sécurité.

La Radio Terre Nouvelle a été un partenaire privilégié pour la communication avec les communautés et les bénéficiaires directs des activités du projet.


ATELIER D’ÉCHANGE ENTRE AGRICULTEURS ET ÉLEVEURS

1696 personnes sensibilisées

Vingt ateliers d’échanges sur la cohabitation pacifique entre agriculteurs et éleveurs ont été réalisés dans les chefs-lieux de sous-préfectures de la Province. Un des ateliers s’est déroulé à Mouldoum, localité relevant du canton Tougoudé dans la sous-préfecture de Samga où un conflit entre agriculteurs et éleveurs a fait quatre morts. Les causes immédiates de conflits agriculteurs-éleveurs les plus remarquables sont :

-La dévastation des champs par les animaux des éleveurs ;

-le non-respect des couloirs de transhumance par les agriculteurs ;

-l’insuffisance des espaces de pâturage ;

-le gardiennage des troupeaux de bœufs par des mineurs ;

-la consommation d’alcool et /ou de drogue par les bouviers;

-la réticence des agriculteurs de collaborer avec les éleveurs;

-les propos offensants des éleveurs envers les agriculteurs.

-Les agriculteurs se plaignent de l’arrivée précoce des éleveurs qui devraient selon eux attendre la fin des récoltes avant de venir dans la Province. Par ailleurs, les éleveurs se posent la question de savoir où faire paître les animaux durant la période d’avant récolte.

-La mise en place des couloirs et du calendrier de transhumance par les autorités administratives pourrait apporter des solutions aux conflits évoqués précédemment pour que désormais les agriculteurs et les éleveurs cohabitent pacifiquement. Ils pourraient ainsi régler leurs conflits à l’amiable, sans impliquer la brigade.


ATELIER D’ECHANGE SUR LA COHABITATION PACIFIQUE ENTRE JEUNES ET PARENTS

635 personnes sensibilisées

Ces ateliers se sont déroulés dans les 4 chefs-lieux des Départements de la Province plus précisément dans les centres culturels (CLAC de Gounou-Gaya, centre culturel Saint Joseph MUKASSA de Fianga, centre culturel de Guelendeng et Centre d’activités Akwada à Bongor).

Les jeunes filles et jeunes garçons, les pères et les mères des jeunes, en tout plus de 130 personnes par Département ont été invitées à y prendre part.

Les participants déclarent que les conflits opposant les jeunes aux parents trouvent leurs origines dans le manque d’éducation des jeunes par leurs parents ; la moindre considération des jeunes filles par leurs pères ; le manque de respect des jeunes aux parents.

Aujourd’hui certains jeunes n’aident pas leurs parents dans les champs ou dans les travaux ménagers. Les parents ne prennent pas en considération les doléances des jeunes. Les jeunes se révoltent contre leurs parents. Les jeunes ne respectent plus les règles traditionnelles de relation et mariage. Il y a des fillesqui se prostituent. Beaucoup de jeunes filles ne poursuivent pas les études au secondaire.

Il serait souhaitable d’organiser régulièrement des émissions radio et des rencontres citoyennes sur la cohabitation pacifique entre jeunes et parents pour susciter une meilleure communication en vue de changement de comportement favorable à un respect mutuel.


RENCONTRES CITOYENNES SUR LA PROBLÉMATIQUE DU FONCIER

543 personnes sensibilisées

Déroulées dans les 4 chefs-lieux de Département de la Province, elles ont vu la participation des personnes directement impliquées dans la gestion communale et cadastrale. Les agents des communes, les chefs de quartiers et de carrés, les représentants de différentes communautés étaient présents aux débats. Les véritables sources de conflits liés au foncier sont :

-L’insuffisance de la formation des agents des communes,

-le manque de maîtrise du plan cadastral par les comités d’attribution de terrain,

-la méconnaissance des contenus des textes et lois régissant la gestion foncière,

-la double attribution ou la vente d’un même terrain à deux ou plusieurs personnes.


ATELIERS DE SENSIBILISATION SUR LES EFFETS NÉFASTES DE L’ALCOOL ET DE LA DROGUE

1854 personnes sensibilisées

Ces ateliers concernent essentiellement les jeunes. C’est pourquoi, ils ont été organisés dans les lycées et collèges des chefs-lieux de Départements. Ce sont essentiellement les élèves du secondaire (1er et 2nd cycle) qui étaient présents au rendez-vous. Les participants témoignent que quelques familles vivant avec des problèmes d’alcool et de drogue :

-ont une vie souvent troublée ;

-ont de relations brisées ;

L’alcool et la drogue :

-baissent considérablement l’intelligence ;

-détruisent l’organisme humain ;

-affaiblissent l’homme ;

-sont sources de conflits conjugaux, inter familles;

-entrainent la pauvreté, la famine, les maladies, le vol, le divorce, la mort…


ATELIERS DE SENSIBILISATION SUR L’ASPECT GENRE

683 personnes sensibilisées

Ces ateliers se sont déroulés dans les quatre chefs-lieux de Départements au sein des établissements scolaires (lycée Dun canson de Gounou-Gaya, lycée Abderamane Dadi II de Fianga, lycée de Guelendeng) et au Centre d’activités Akwada. Malgré le fait que nous ayons invité autant de femmes que d’hommes, la participation des femmes était systématiquement inférieure au nombre prévu.

Au cours des discussions, l’accent a été mis sur les inégalités existantes à différents niveaux (national, communautaire et familial) pour en dégager les causes et conséquences et de proposer des pistes de solutions possibles.

Les causes des inégalités relevées par les participants sont entre autres:

-le respect des coutumes ;

-l’ignorance et l’analphabétisme des parents ;

-la pauvreté des parents ;

-la méconnaissance des droits humains ;

-le manque d’estime de soi (des femmes/filles).


SOIREES DE CONTES ET D’ECHANGE SUR LE TRADITIONALISME ET LE MODERNISME

396 personnes sensibilisées

Les soirées de contes et d’échange sur le traditionalisme et le modernisme ont eu lieu au Centre d’activités Akwada et aux centres culturels de Guelendeng, Gounou-Gaya et Fianga Les contes ont été racontés par des personnes ressources entre autres: Papa Malla de Bongor, Papa Lazare de Fianga. Racontés en français, ces contes ont été traduits en Arabe tchadien, en Massa, en Mousseye et en Toupouri selon les lieu et l’ethnie dominante. Les intervenants ont mis l’accent sur la cohabitation pacifique entre les jeunes, les communautés des différentes ethnies, les religions et le voisinage.  Les conteurs ont conclu que la tradition et le modernisme ne sont pas deux choses forcement opposées. Mais, il faut bien se comporter (savoir être) pour ne pas décevoir son entourage


FORMATION DES AMBASSADEURS DE PAIX

138 personnes formées

La formation des ambassadeurs de paix devait se réaliser à Bongor. Néanmoins pour raccourcir les distances à parcourir pour les bénéficiaires, elle a été dupliquée en deux sessions :

-La première à Gounou-Gaya du 29 au 30 Mars 2018 pour les ambassadeurs de paix des Départements de la Kabbia et de Mont-Illi.

-La deuxième du 3 au 4 Mai 2018 au Centre d’activités Akwada a regroupé les ambassadeurs de paix des Départements du Mayo-Boneye et du Mayo-Lemié.

Chacune des formations a duré deux jours. Les formateurs Monsieur LOTCHAPI FISSOU, Formateur au Centre de formation continue (CFC) des enseignants de Bongor et Monsieur Guendergué Jacob, Superviseur du Projet RDPD ont été appuyés dans leurs interventions par le Coordinateur et le Gestionnaire-Comptable de l’Association Akwada.

Les thèmes et sous-thèmes développés sont:

-le concept de l’expression « ambassadeur de paix »

-les différents types de conflits, leurs causes et conséquences

-les éléments catalyseurs et déclencheurs de conflits

-les outils d’analyse de conflit

-les qualités d’un ambassadeur de paix

-le rôle d’un ambassadeur de paix dans la prévention, la gestion et la résolution des conflits

-le rôle d’un ambassadeur de paix durant la période post conflit.


FORMATION SUR LA GESTION COMMUNALE

57 personnes sensibilisées

La formation s’est déroulée au centre d’accueil Bayam Madet de Kolobo, du 1er au 2 Juin 2018. Les communes participantes sont: Guelendeng, Moulkou, Fianga, Tikem, Gounou-Gaya, Berem, Pont Carol.

L’absence de la commune de Bongor nous a poussé à refaire cette formation dans la salle de réunion de la Pharmacie Régionale d’Approvisionnement du Mayo-Kebbi (PRAMK) à Bongor les 25 et 26 octobre 2018.

L’orateur, Monsieur Ramadan Djarsia, administrateur civil travaillant au Ministère de l’Aménagement du Territoire, de la Sécurité Publique et de la Gouvernance Locale a développé en deux jours les thèmes suivants :

-la gestion de l’Etat Civil au Tchad ;

-la redevabilité des élus locaux et le contrôle citoyen de l’action publique.